Juicy : une idylle à quatre pattes, de Mélodie Nelson

Alexis Lauren Horton a 17 ans, elle rêve de paix dans le monde et désire rester vierge jusqu’à ce qu’elle trouve le grand amour. C’est en suçant les commanditaires plutôt qu’en leur vendant des barres de chocolat ultra caloriques qu’elle a réussi à payer son entrée au concours Miss teen USA, qu’elle gagne grâce à toute sa beauté, elle qui est à ce moment-là la personne la plus importante dans le monde. C’est en rencontrant Gary T-Rex ce même soir, un des juges du concours qui ressemble à un has-been de Baywatch, que son histoire commence réellement à prendre des tournures de série B fauxglam sucrée.



On m’a offert ce livre pour mon anniversaire il y a deux ans, mais ce n’est qu’à l’automne de cette année que je l’ai lu (dévoré) pour la première fois. Pour vrai, je n’ai aucun regret d’avoir attendu, car cette lecture a complètement fitté avec mon mood de pandémie et de découverte d’une culture pop rose bonbon. Dans ce roman plein de lubrifiant et de mousseux vit un monde tellement loin de ce que je connais, qui me fait penser à toutes les séries de télé-réalités de gens riches que je regarde pour changer de planètes le temps de quelques heures. Juicy est tombé pile-poil dans mes cordes du moment.


Cette caricature rosée d’une vie de starlette blondinette est tellement bien écrite, je ne peux m’empêcher de rire à toutes les pensées qu’Alexis a sous la plume magique de Mélodie Nelson. Pour moi, ce fut entre autres la performance d’un activisme et d’une spiritualité complètement vide, mais qui donne tout son sens à notre protagoniste adorée le temps de quelques secondes. C’est aussi les scènes de sexe qu’on peut facilement qualifier de pornographiques, car pratiquement toutes transactionnelles et empreintes d’une légèreté lourde de toute leur innocence.


« Avant de me pointer chez Gary, j’ai lu sur Wikipédia le portrait de Messaline, une grande séductrice qui tuait ses rivales et les mecs qui se refusaient à elle. Le prochain chien que je m’achète, je l’appelle comme ça et je l’entraîne pour des combats. Je cherchais en fait une recette de mescaline maison et je suis tombée sur la page de Messaline par hasard, parce que la vie peut être magique quand j’y crois et que je n’oublie pas de me brosser les dents et de prier. » (Nelson, 2017, p.81)


Juicy, roman Harlequin à l’eau-de-vie, m’a fait jouir d’un mélange de matériel de crossette et de malaise quant aux histoires racontées avec frivolité par Alexis. Je le recommande fortement à toute personne qui ne se sent pas intimidée par la superficialité, les références pop et une trame de fond à la Britney Spears des temps modernes (je ne suis clairement pas la personne la plus à jour quant à la pop cerise).


Marika

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Juicy, Mélodie Nelson, Éditions de Ta Mère, Montréal, 2017, 178 pages